Christophe Viaux et Julien Eyglier auraient pu rester de simples connaissances, celles qui se fréquentent ponctuellement par l’entremise d’amis. Mais une discussion, une journée d’octobre 2018, les a liés et engagés dans une aventure entrepreneuriale et humaine : l’ouverture de l’agence Temporis de Marseille La Joliette.

Une même envie : changer de vie professionnelle

Attiré d’emblée par le commerce, les échanges, le conseil, Julien Eyglier a travaillé pendant dix-huit ans dans le secteur automobile, dont huit au sein d’un grand groupe du CAC40. D’abord conseiller commercial, le Marseillais grimpe les échelons et devient responsable d’équipe, puis responsable de secteur, avant de faire le choix de redevenir conseiller commercial. « Ce qui me plaisait dans mon travail, c’était d’être proche des gens, de pouvoir échanger directement avec eux et répondre à leurs attentes. Si au début, on était encore un grand groupe familial, progressivement, l’ambiance s’est rapprochée de celle d’une multinationale qui me correspondait moins, où on avait un peu perdu le sens de l’humain… Alors j’ai eu envie de voler de mes propres ailes, de quitter cet état d’esprit dans lequel je ne me reconnaissais plus. Mes parents étant tous les deux entrepreneurs, j’ai assez naturellement envisagé d’entreprendre à mon tour, avec l’envie d’avancer, mais d’avancer en accord avec mes valeurs ».

De son côté, Christophe Viaux, jeune quadragénaire, a déjà eu plusieurs vies professionnelles. Ce natif d’Aix-en-Provence, qui se destinait à une carrière d’avocat pénaliste, a acquis la valeur du travail dès l’âge de 18 ans, époque où il jonglait entre ses études de droit et un poste de responsable du SAV dans une enseigne d’appareils d’électroménager. Après l’obtention de sa maîtrise, il commence finalement sa carrière dans l’entreprise familiale de maintenance industrielle, en tant que directeur d’exploitation. Recruté ensuite comme directeur régional pour une entreprise spécialisée dans la vente de plastiques aux professionnels, il s’épanouit dans ses fonctions managériales et commerciales. « Mais l’envie d’entreprendre me titillait » se souvient Christophe. « Grâce à ma formation de juriste, j’ai identifié l’opportunité que constituait l’obligation de mise en conformité des établissements pour l’accueil des personnes handicapées. Avec un associé, nous avons fondé une société spécialisée dans la fourniture des matériels nécessaires à la mise aux normes ». Le marché est porteur et la société se développe. Cependant, à la suite de différends en interne, il revend ses parts à son associé, il décide de prendre un poste de directeur commercial dans une entreprise qui met à disposition des personnels pour promouvoir des produits auprès de la grande distribution. Cet Aixois se questionnait toutefois sur son avenir. « Mon boulot c’était de démarcher les grands groupes alimentaires. Très vite, j’ai fait le tour de mon poste. Même si j’avais trois commerciaux sous mes ordres, c’était trop petit pour moi : je voulais du changement. »

Deux profils qui se rejoignent en vue d’une aventure entrepreneuriale et humaine

L’Aixois et le Marseillais se connaissaient depuis plusieurs années. « Il y avait un respect mutuel, une grande considération l’un pour l’autre, parce que nous avons les mêmes valeurs. Sur les valeurs de la vie, sur la manière de voir sa vie familiale, sa vie professionnelle : on se retrouvait. Nous avions un problème commun tous les deux : nous n’étions pas bien dans nos boulots. Julien avait envie d’entreprendre, et moi j’étais un peu à l’étroit dans mon poste. L’entrepreneuriat me manquait, mais à ce moment-là, je n’envisageais pas de m’associer à nouveau » explique Christophe. « Et c’est là que Julien m’a dit : qu’est-ce que tu fais les vingt prochaines années ? Ça te dirait de t’associer avec moi pour monter une affaire ? ». Et Christophe, malgré une précédente expérience en demi-teinte, a spontanément répondu « Avec toi, oui ! ». C’était un 25 octobre 2018, une date qui reste mémorable pour eux.

Trois jours après cette discussion, séduits par l’idée d’une franchise et surtout, par les valeurs portées par Temporis, les deux hommes, désormais partenaires, envoyaient un courriel de candidature afin de proposer la création d’une nouvelle agence. Le franchiseur à travers le parcours candidat propose une période d’immersion, pour découvrir de manière concrète la gestion d’une agence. « On nous a envoyé dans une agence à Grenoble, gérée par deux associés, ce qui nous a permis d’avoir un bon aperçu de leur quotidien, et de nous projeter », explique Christophe. « Nous ne connaissions rien au milieu de l’intérim. Nous devions apprendre : nous avons vu un beau métier, certes prenant, mais qui nous paraissait épanouissant », précise Julien. « J’ai trouvé ça très intelligent de la part de Temporis de nous envoyer en immersion avec deux associés, un autre duo, avec deux profils qui pouvaient correspondre aux nôtres ». Confortés dans leur démarche, les deux néo-associés ont ensuite rencontré Laurence Pottier-Caudron pour faire connaissance et trouver les réponses à toutes leurs interrogations. « Séduits par les valeurs Temporis, nous nous sommes lancés dans le processus de création » se souviennent les deux associés.

Une mentalité combative face à la crise

« On a ouvert le 18 février 2020, un mois avant le confinement. On n’avait pas un chiffre d’affaire très important quand celui-ci a été annoncé. Comme tous les entrepreneurs de ce pays, on a été un peu sonné au départ » décrit Christophe. Les deux associés conçoivent alors un véritable plan de bataille, à mettre en œuvre dès qu’ils pourront retourner au travail. C’est chose faite le 11 mai, avec l’assouplissement des mesures sanitaires. Les rôles sont répartis entre les deux hommes : Christophe s’occupera de la partie client-utilisateur, quand Julien se concentrera sur le client-intérimaire.

« Nous nous sommes saisis de la liste d’entreprises de notre zone que nous avait fourni Temporis au début de notre activité. Avec l’aide de notre assistante de gestion, chaque jour, on faisait entre 50 et 70 appels de prospection chacun. De fil en aiguille, là où notre concurrence s’était endormie, nous, par notre force de travail, on est allés chercher des parts de marché. Je me suis concentré sur cette recherche d’activité et Julien mettait tout en œuvre pour trouver les profils demandés et placer les clients intérimaires auprès des clients-utilisateurs » se souvient Christophe. Julien analyse les conséquences de cette période : « On a construit notre identité comme ça : on a appliqué la méthode Temporis, en y ajoutant notre pugnacité, notre bonne humeur, et ce, malgré le contexte défavorable ».

Une année 2020 remarquable, qui augure de belles réussites à venir

Grâce à cette stratégie, les deux hommes ont réalisé une prouesse : être rentable dès le mois de juillet, moins de quatre mois après leur lancement, et malgré le confinement. « Sur notre planning de chiffre d’affaires, nous avons un an d’avance sur notre prévisionnel », confient les deux associés, fiers de cette réussite, à laquelle ils associent Sophia Bounoua et Marjorie Marty, leurs deux collaboratrices, avec qui ils forment la « Team Marseille la Joliette ».

L’ascension de l’agence se traduit aussi par le développement de ses engagements humains, une dimension qui leur tient à cœur. Les deux hommes ont reçu un label de travail de qualité pour le placement des personnes handicapées et ont rejoint une association d’entrepreneurs qui s’occupe de la réinsertion des personnes en difficulté sur le bassin nord de Marseille.

Pour 2021 et pour « les vingt prochaines années », les deux associés souhaitent avant tout préserver leur méthode, baptisée « professionnalisme et bonne humeur », qui s’appuie sur une analyse fine des besoins et des attentes de leurs clients, entreprises et intérimaires. Portés par les résultats et les retours très positifs obtenus durant ces premiers mois d’activité, Christophe et Julien débordent d’idées et de projets. « On a revu à la hausse nos ambitions !  Pour l’année prochaine, nous projetons le lancement du projet d’ouverture d’un point d’accueil supplémentaire sur notre zone, l’embauche d’un salarié à plein temps et le doublement du CA en fin d‘année 2021 », détaille le duo, qui espère que les conditions sanitaires leur permettront d’organiser des évènements avec leurs clients, dont l’inauguration officielle de l’agence.